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Vin naturel et bilan carbone

La production de vin, qu’il soit naturel ou non, participe à l’augmentation de la concentration en gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère, et par conséquent, au réchauffement climatique. Malheureusement, dans ce domaine aussi, nous sommes encore loin de la neutralité carbone.

Cela dit, le point de départ de la vigne est excellent. En effet, la vigne, comme toutes les plantes, par le biais de la photosynthèse, capte du CO2 dans l’atmosphère pour ensuite transformer le carbone (C) en masse organique et libérer de l’oxygène (O2) dans l’atmosphère.

Celui qui se rend dans une vigne sauvage à vélo et y mange le raisin sur place laisse ainsi la vigne faire son travail de captation et de transformation du CO2. Celui qui décide de faire du vin devrait donc éviter autant que possible que ses actions ne transforment ce bilan, à l’origine bénéfique pour la planète, en un bilan défavorable.

Dans cet article, nous allons essayer de vous exposer brièvement pourquoi nous estimons que nous ne devrions pas tout de suite renoncer au vin. Ce d’autant plus que nous pourrions avoir besoin d’un bon verre pour faire face aux conséquences du réchauffement climatique.

Auteur et victime

Il faut commencer par rappeler que si le secteur viti-vinicole contribue au réchauffement climatique, il fait aussi partie de ses nombreuses victimes. En effet, même si la vigne est une plante résistante, les raisins sont sensibles aux changements de température. La hausse des températures s’accompagne déjà souvent d’une augmentation du taux de sucre, donc du degré alcoolique, et d’une baisse de l’acidité. Et puis, il y a tous les autres effets de la hausse des températures, comme l’apparition de nouveaux insectes et de nouvelles maladies.

La hausse des températures, et les modifications des conditions hydriques qu’elle provoque (en effet, même si la chaleur est l’un des principaux enjeux, c’est le manque d’eau qui risque de poser le plus de problèmes), vont même parfois jusqu’à entraîner la nécessité de repenser l’encépagement de régions entières.  Ainsi, par exemple, mourvèdre et grenache pourraient remplacer pinot noir et merlot.  Les cépages opéreraient alors une migration vers le nord. Quant aux régions viticoles qui sont déjà contraintes de planter les variétés de cépages qui supportent le mieux les fortes températures, elles pourraient se retrouver sans solution.

On le voit, le secteur viti-vinicole a un intérêt propre à s’engager dans la lutte contre le réchauffement climatique en limitant ses émissions de gaz à effet de serre.

Les principales causes de l’impact climatique de la filière du vin

Les bilans carbone, réalisés par de nombreux domaines sur l’ensemble du globe, ont déjà permis d’identifier les principaux responsables des émissions de gaz à effet de serre dans la filière viti-vinicole. On peut brièvement les reprendre ci-dessous :

  • Le carburant pour le travail des vignes et le transport du raisin aux caves
  • L’énergie utilisée pour le travail dans les caves
  • Le CO2 émis par la fermentation
  • Le packaging (par packaging on entend les bouteilles et les cartons, en particulier les cartons imprimés)
  • Le transport du vin vers les clients

Les mesures possibles

Les mesures suivantes paraissent utiles pour limiter les émissions :

  • Limiter les passages dans les vignes et éliminer les carburants fossiles
  • Remplacer les sources énergétiques des bâtiments et des outils d’exploitation par des énergies renouvelables, par exemple l’énergie solaire
  • Récupérer le CO2 issu des fermentations et, par exemple, le valoriser sous forme de bicarbonate
  • Alléger le poids des bouteilles et, lorsque possible, les remplacer par d’autres contenants, par exemple les Bag in Box
  • Supprimer les cartons imprimés
  • Substituer le ferroutage au transport routier pour l’acheminement du vin vers les clients
  • Privilégier la vente locale
  • Valoriser les sous-produits des vignes arrachées lors du renouvellement de la vigne, des sarments lors de la taille, des marcs, des bourbes, des lies, etc

Les particularités de la filière du vin naturel

Qu’en est-il dans le domaine du vin naturel ? De manière générale, l’impact environnemental de la filière du vin naturel est moins dommageable que celui de la filière conventionnelle. L’absence d’utilisation d’engrais chimiques, de pesticides, de désherbants et d’intrants œnologiques, associée à des récoltes faites à la main, voire à l’utilisation de chevaux pour le travail des vignes, contribuent en effet à réduire significativement l’impact environnemental.

Cela dit, si on limite l’impact environnemental aux émissions de CO2, il serait trop aisé de dire que le bilan carbone de la filière du vin naturel est toujours automatiquement meilleur. Là aussi, il faut veiller à prendre en compte toutes les émissions liées à toutes les étapes de la production du vin. Les producteurs de vin naturel réfléchissent donc eux-aussi à remplacer les sources énergétiques de leurs bâtiments, à éliminer les carburants fossiles, à récupérer le CO2 issu des fermentations, à alléger le poids des bouteilles ou à les remplacer par d’autres contenants, à substituer le ferroutage au transport routier et à privilégier la vente locale.

Au cours des dernières décennies, habitués à écouter la terre et à en valoriser les fruits, les producteurs de vin naturel ont régulièrement ouvert de nouvelles voies et démontré qu’il est possible de produire du vin tout en respectant la terre. En matière de lutte contre le réchauffement climatique, on peut compter sur eux pour continuer d’être des sources d’innovations et d’inspiration.

Perspective

La lutte contre le réchauffement climatique est l’affaire de tous. Cela fait bien longtemps que ce n’est plus une option mais une nécessité. Les acteurs du secteur viti-vinicole l’ont compris depuis longtemps, eux qui en subissent les effets négatifs dans leur travail quotidien. Toutes les filières du vin, qu’elles soient conventionnelles ou naturelles, travaillent à la recherche de solutions. Chaque jour, des mesures sont prises qui nous permettent d’espérer des progrès rapides. Chez deraisin, nous échangeons régulièrement avec les producteurs de vin naturel pour faire circuler les initiatives et les innovations qui nous permettront de continuer de boire du vin avec une joie intense, en harmonie avec nos convictions.

 

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